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25.01.2017

Envoi n°285. Jean-Marie Petit "Automne de châtaigneraies"...

 

 

AUTOMN DE  CASTANHALS

 

Automn de castanhals de singlars e de cabras

De bolets amagats d’aire viu e de lum

De dins mon cap escali la montanha

Lo poèma corrìs dins l’anar de mon pas…

Repapiar e beure d’aiga a cada font

Lo temps s’endinsa siài al meu

Lo camin me seguìs e me reviri pas

 

AUTOMNE DE CHÂTAIGNERAIES

 

Automne de châtaigneraies, de sangliers et de chèvres

De champignons cachés, d’air vif et de lumière

Seul dans ma tête j’escalade la montagne

Le poème court au rythme de mon pas…

Ressasser et boire de l’eau à chaque fontaine

Le temps s’intériorise je suis chez moi

Le chemin me suit

Je ne regarde pas en arrière

p.33

 

CÒR QUE DINS SON DESIR SE GLACA

 

Còr que dins son desir se glaça

Enfant mai leugièr que son sòmi

Tendre aucèl que desesperèt

Siàs aquì a plaça justa

Ont mon amor vos depausèt

 

CŒUR QUI DANS SON DESIR SE GLACE

 

Cœur qui dans son désir se glace

Enfant plus petit que son rêve

Tendre oiseau qui désespéra

Vous êtes à la juste place

Où mon amour vous déposa

p.37

 

DINS UN CRIT D’ALAUSETA

 

M’as presa dins tos uèhls

Jos la rama d’un fraisse

L’aire s’es estonat

Del tustar de ton còr

Al fremin de mos dets

Coma un fremin de fuèlhas

N’i agèt pron d’un agach

Per que l’aura s’esquisse

Dins un crit d’alauseta

 

DANS UN CRI D’ALOUETTE

 

Tu m’as pris dans tes yeux

Sous les branches d’un frêne

Et l’air s’est étonné

De l’écho de ton cœur

Au frémissement de mes doigts

Comme un frémissement de feuilles

Il suffit d’un regard

Et le vent se déchire

Dans un cri d’alouette

p.53

 

(Certains accents sur a, i et o sont parfois inexacts : le clavier d'oil ne les connaît pas.)

Jean-Marie Petit  OFFERTOIRE DE L’ELAGUEUR Traduit de l’occitan par l’auteur. Edition bilingue. L’Arrière-Pays. Décembre 2016.

  Jean-Marie Petit dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°63 & 64 : extraits de « Erbari/Herbier » ; envois n°89, extrait de « D'aquesta man del jorn /De ce côté du jour »  &  n°90, extrait de  « Petaçon/Manteau d’Arlequin » ; envois n° 172 & 173, extraits de « E avèm tot perdonat a l'ivèrn /  (et nous avons tout pardonné à l'hiver) » ; envoi n°196 Gaston Puel « Cheyenne Autumn », extrait de CANSOS, PLANHS  E SIRVENTES. Choix de poèmes en langue française et traduction en langue occitane par Jean-Marie Petit ; envoi n°284 » Fenèstra   d’escòla/ Fenêtre d’école » ;  « Courrier des lecteurs »  numéros 22, 40 & 65. 

 

17:03 | Lien permanent | Françoise

ANNIVERSAIRE 2017. "Vous prendrez bien un poème ?" a six ans !

Françoise Ascal . Jean-Marie Petit. Antoine Maine. Ferrucio Brugnaro. Jean-Marie Alfroy. Morgan Riet. Dominique Zinenberg.  Jean-Pierre Lemaire.Henri Michaux. Marcelle Kasprowicz. Jean-Baptiste Pedini. Colette Elissalde. Jean-Louis Clarac.  Evelyne Vijaya. Gustave Roud. Rainer Maria Rilke. Béatrice Marchal. Henry Bauchau. Anne Certain. Georges Cathalo. WANG WEI. Jean Joubert. Andrée Chedid. Christian Bobin. Ghislaine Lejard. Li Po. Jean-François Mathé. Jia Dao. Pierre Dhainaut. Anne Perrier. Henri Heurtebise. Isabelle Raviolo. René Char. Pierre Peuchmaurd. Claude Esteban. Jean Pichet.  Liliane Wouters. Jean Malrieu. Judith Chavanne. Frédéric-Jacques  Temple. Umberto Saba.

 

«Vous prendrez bien un (petit) poème ? » a six ans !

 

Louis-René Des Forêts. Danièle Corre. Pablo Neruda. Odile Caradec. Abdellatif LaÂbi.  Wujian Xiandu Gaston Puel. Jean-Pierre Thuillat. ISSA. Emile Vitta. Josette Ségura. Jorge Luis Borgès. ANON.  Beijian Jujian. Jean Chatard. Georges-Emmanuel Clancier. Valérie Rouzeau. Thierry Metz. Gil Jouanard. Chantal Dupuy-Dunier. Victor Segalen. Didier Jourdren.  Max Alhau. SAPPHÔ. Jules Supervielle. Edouard Glissant. Jacques Tornay. Colette Nys-Mazure. René de Obaldia. Claude Cailleau. Jean-Claude Pirotte. Marie-Claire Bancquart. Julien Gracq. Jacques Vandenschrick. Michel Cosem.  Yvon Le Men. Noël Ruet. Jan Skacel. Monique Saint-Julia. Tomas Tranströmer. Bernard René Grasset. Gilles Baudry. Jean-Yves Masson. Laurent Deheppe. Geneviève Peigné. Raymond Queneau. Georges Bonnet. SAIGYO. Claire Garnier-Tardieu. Philippe Jaccottet. Joë Bousquet. Else Lasker-Schüler. Thomas Vinau. Jean Malrieu. Emily Dickinson. Gérard Bocholier. Jean-Marc Sourdillon. BASHÔ. Charles-Ferdinand Ramuz.

 

«Vous prendrez bien un (petit) poème ? » a six ans !

 

François Cheng. Marina Tsetaïéva. Paul de Roux. Jacques Darras. Vahé Godel.  Bernadette Engel-Roux. Frank Castagné. Béatrice Bonhomme. Tsoui-hao. Francis Ponge. Jean-Claude Xuereb. Johann Christian Friedrich Hölderlin. Mina Lobata. Yves Bonnefoy. Janine Modlinger. Alain Freixe. Claude Margat. Jules Laforgue. béatrice dOUVRE. Georges Perros.  Ziad Medhouk. Max de Carvalho.   Omar Khayyam.  Hélène Cadou. Ossip Mandelstam. Erika Burkart. Pierre-Albert Jourdan. Maximine. Gilles Lades.

Jean-Damien Roumieu. Arthur Rimbaud. Saint-John Perse.

16:10 | Lien permanent | Françoise

15.01.2017

Feuille volante N°5. Pablo Neruda "Sonnet vingt-deuxième Que de fois..."

QUE DE FOIS, amour, t’ai-je aimée sans te voir, sans souvenir même,

sans reconnaître ton regard, sans te regarder, centauresse,

en des régions hostiles, et sous la brûlure du midi :

tu étais seulement le parfum des céréales que j’aime.

 

Peut-être en passant t’ai-je vue, imaginée levant un verre

à Angol, dans la lumière de la lune au mois de juin,

ou bien peut-être étais-tu la ceinture de cette guitare

dont j’ai joué dans les ténèbres et qui sonna, mer furieuse.

 

Je t’ai aimée, je ne l’ai pas su et j’ai cherché ta mémoire.

Maisons vides : lampe en main j’y entrai pour voler ton portrait.

Mais moi je savais déjà comment tu étais. Et tout d’un coup

 

Tu venais avec moi, je t’ai touchée et ma vie s’arrêta :

tu étais en face de moi, régnant en moi, et tu y règnes

comme un bûcher allumé dans les bois c’est le feu qui est ton royaume.

 

 

Sonnet  Vingt-deuxième

 

CUANTAS veces, amor, te amé sin verte y tal vez sin recuerdo,

sin reconocer tu mirada, sin mirarte, centaura

en regiones contrarias, en un mediodiá quemante :

eras sólo el aroma de los cereales que amo.

 

Tal vez te vi, te supuse al pasar levantando una copa

en Angol, a la luz de la luna de Junio,

 o eras tú la cintura de aquella guitarra

 que toqué en las tinieblas  y sonó  como el mar desmedido. 

 

 Te amé sin que yo lo supiera, y busqué tu memoria.

 En las casas vaciás entré con linterna a robar tu retrato.

 Pero yo ya sabiá cómo era. De pronto

 

Mientras ibas commigo te toqué y se detuvo mi vida :

Frente a mis ojos estabas, reinándome, y reinas.

Como hoguera en los bosques el fuego es tu reino.   

 

                   Pablo Neruda "La Centaine d'Amour /Cien Sonetos De Amor" . Le Club des Amis du Livre progressiste, collection Messidor. 1970.

18:16 | Lien permanent | Françoise