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31.10.2018

Envoi n°362. James Sacré "D'une langue à l'autre..."

D’une langue à l’autre pour en avoir une

Qui soit la mienne, mais sans oublier

Que c’est pour te causer.

Ce qu’on met dans le poème, c’est pas

De l’éternité, plutôt

Comme un sourire (langue étrangère, patois d’une

région

Qui sont venus dans mon français parlé :

Poème écrit) ma langue fragile pour te causer

Peut-être à côté. Sans vérité.

*

Du savoir bien écrire à des manières de pas savoir

Le poème s’égare : les mots ne sont jamais

Ni le bonheur ni le malheur du monde.

*

(Des mots comme autant de fois le mot comme

 

Ecrire c’est quand même

Une affaire d’espace et de temps :

Bien être ou façons de peu vivre, des mots

Qui sont des gestes dans le monde.)

*

Quelqu’un s’en va

D’un poème à l’autre, sans trop

Attendre rien.

Les mots qui sont là, le dico public

On traîne un peu, le temps regarde

Tu vas t’en aller

Qu’est-ce qu’on aura mesuré ?

 

(Quelqu’un

D’un poème à l’autre

 

S’en va sans trop

Des mots sont là

Va s’en aller

Qu’est-ce qu’on aura mesuré ?

James Sacré La nuit vient dans les yeux. Pages10 à 13.Tarabuste Editeur. 1996.

10:37 | Lien permanent | Françoise

24.10.2018

Envoi n°361. James Sacré "Ta joue pour la toucher...".

Ta joue pour la toucher

Celle du poème aussi.

Tu n’y crois pas, la main, les mots, dis-tu

Touchent

Qu’à leur propre désir ; c’est pas sûr non plus :

Ta joue donnée, dans un geste du temps, le

plaisir ; le poème,

Ses mots qui emportent c’est-y pas

La joue de quelqu’un d’autre aussi ?

*

Passant d’un rythme à un autre

Je te raconte quand même

La même histoire de rien.

Le rythme on l’entend mal ; sa couleur ?

On voit qu’une couleur d’encre

Des lignes de mots plus ou moins longues,

comme

Tu l’as remarqué, lecteur.

*

           (Passant d’un rythme à un autre je te raconte

quand même la même histoire de rien le rythme on

l’entend mal sa couleur c’est qu’une couleur d’encre,

des lignes de mots plus ou moins longues comme tu l’as

remarqué lecteur.

  

 

D’un rythme à

Comme l’a

Rema-

Rqué quelqu’un, ah !)

*

 

James Sacré La nuit vient dans les yeux. Pages 7, 8, 9. Tarabuste Editeur. 1996.

 

 

 

23:29 | Lien permanent | Françoise

17.10.2018

Envoi n°360. Janine Modlinger "Nous avons marché..."

Nous avons marché

Ce jour-là

Vers le chant de l’origine

accueilli l’heure

Où la lumière ruisselle

Où la plénitude jaillit

Vers le dedans.

  •  

Une eau qui brûle comme un soleil

La chair ardente du monde

Goût de framboises et de mûres

La transparence bénie

d’une main

à la jointure des regards.

  •  

Les mains se sont

rencontrées

La perfection

a jailli

comme un éclair.

  •  

Comme il y a si longtemps dans l’enfance, la vie jubilait. Ils

allaient vivre ensemble.

  •  

     Janine Modlinger  Traversée Editions Ad Solem. 2018.

22:17 | Lien permanent | Françoise