29.02.2012
Envoi n°51. Josette Ségura
DE VOIX EN VOIX
La lumière va de voix en voix,
nous nous abandonnons,
les mots fusent, forment des bouquets,
nous remercions
malgré l'ombre toujours mêlée à l'or des jours,
nous ouvrant à l'immensité cachée des autres
au bord d'une émotion intense
qui nous précipite vers le dieu
dont la clarté laboure l'ici.
Nous avançons vers ce feu,
nous dépouillant d'instants mauvais que nous rendons
à la terre.
Elle reprendra toute cette nuit, ce sang dans sa matière
jusqu'à la fleur manifestée.
Josette Ségura Le Pas de l'ange. Éditions Voix d'encre. 2002.
- Josette Ségura dans "Vous prendrez bien un petit poème?" : envoi n° 50: "Saison du haut" ; envoi n° 51 : "De voix en voix".
- sur le site Terres de Femmes : http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2010/07/josett...
21:51 | Lien permanent | Françoise
22.02.2012
Envoi n°50. Josette Ségura.
SAISON DU HAUT
Ainsi avançons-nous avec ces rêves,
le temps d’entrevoir l’espace vers lequel nous volons
chaque fois qu’un feu intérieur nous porte, nous soulève,
tout semble alors tomber de nos épaules,
ce qui fit trébucher, ce qui voulut détruire,
nous le laissons sur ce seuil, passons ailleurs,
un pays de lumière donnerait une idée du lieu
où nous fondons ce que nous sommes et ce que nous devenons,
le printemps
par la légèreté de sa lumière,
la douceur des sous-bois quand l’oiseau fend le jour.
Ici n’existe que visité,
que foulé par le vent sur les lèvres duquel se pose
notre aveu :
voilà ce qui fait vivre, ce qui fera mourir.
Nous regardons éclore ces paroles,
l’eau mystérieuse de leur source,
un secret plane, cherche notre accueil,
il apprivoise notre cœur, notre pensée,
en amont de la voix
muette en ce temps plat où l’ange dormait sous les arbres,
son beau visage abîmé dans son sommeil.
Josette Ségura Le pas de l’ange. Éditions Voix d'encre. 2002
23:36 | Lien permanent | Françoise
15.02.2012
Envoi n°49. Max Alhau. Vraisemblance du feu.
Vraisemblance du feu.
(...)
La parole
est peut-être
la foudre
ou l'inclémence des dieux
ce qui avance le corps
au bout de sa marche
ou élève l'arbre
à la hauteur de ses branches
l'aspect le plus dense du silence.
(…)
L'admirable
le simple
c'est de se savoir de passage
tel un arbre
ou un ruisseau
mais à plus brève échéance
d'être là
au centre d'un monde
dont on ne perçoit pas la réalité.
Chaque instant
qui coule sur le corps
et s'efface aussitôt
en dit la présence.
Les mots les paroles
s'achèvent en même temps
que la main la voix.
Le tragique
est aussi
dans l'imminence de l'absence
de ce qui s'ensuit ou non.
Max Alhau Vraisemblance du feu. in Poètes de SUD. Éditions Rijois.1978.
- SUD est la revue fondée par Jean Malrieu en 1970 à Marseille.
- Max Alhau dans "Vous prendrez bien un petit poème ?" : envois n°48 & n° 49 : "Vraisemblance du feu".
23:04 | Lien permanent | Françoise
