10.02.2016
Envoi n°240. Henry Bauchau "Mérence".
MÉRENCE
A la fenêtre mansardée
à la fenêtre de l’enfance
l’amour avait un arbre vert
le cœur avait un arbre rouge
et les pluies s’écoulaient sur les pentes d’ardoises
Portée par les branches du ciel
ouverte par un chant d’oiseau
la fenêtre cachait ton image indulgente
Mérence
qui devient plus réelle à la tombée du jour
Que je t’ai bien créée Mérence bien rêvée
dans la peur et l’amour et la frayeur d’amour
quand tu venais le soir portant la bougie blanche
avec le chandelier du cœur
Engourdi je voyais la reine des abeilles
sa beauté qui veillait
l’ombre et l’or apaisés sur son ventre précieux
et si tu te penchais sur mon corps endormi
en toi je m’éveillais blessé du dard très doux
Henry Bauchau La Fenêtre d’images in L’escalier bleu, poèmes. nrf Galimmard. 2012 (première édition 1964)
16:11 | Lien permanent | Françoise

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