29.07.2020
Envoi n°443. Christophe Cérès "D'où parler puisque je suis seul et transparent..."
I.
D’où parler puisque je suis seul et transparent
comme l’est une douleur ? Ce silence est plein
de l’odeur d’une chambre après l’amour.
Tentative de goûter un peu de cette mort. Je pèse
de tout mon sommeil à l’endroit le plus douloureux.
Cette pièce est une vague de mousson, une goutte
d’arak sur les lèvres.
Je suis seul et transparent faisant mystère de la nuit
suspendue au-dessus de ma tête. Elle, comme une
armée en marche au long d’un territoire nomade.
Le regard se fait lisière ; la forêt acquiesce. J’ai
pour patrie un vent debout.
L’horizon se relève de tous côtés.
Je hais tous les sortilèges et veux rompre à l’oreille
sourde, juste à la croisée des vertèbres.
Mon sang se voûte comme une bête fauve.
Christophe Cérès Carnets tibétains. Khora.
Photographies Qiang Zhang. Editions Voix d’encre. 2009
21:21 | Lien permanent | Françoise

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