29.07.2020
Envoi n°443. Christophe Cérès "D'où parler puisque je suis seul et transparent..."
I.
D’où parler puisque je suis seul et transparent
comme l’est une douleur ? Ce silence est plein
de l’odeur d’une chambre après l’amour.
Tentative de goûter un peu de cette mort. Je pèse
de tout mon sommeil à l’endroit le plus douloureux.
Cette pièce est une vague de mousson, une goutte
d’arak sur les lèvres.
Je suis seul et transparent faisant mystère de la nuit
suspendue au-dessus de ma tête. Elle, comme une
armée en marche au long d’un territoire nomade.
Le regard se fait lisière ; la forêt acquiesce. J’ai
pour patrie un vent debout.
L’horizon se relève de tous côtés.
Je hais tous les sortilèges et veux rompre à l’oreille
sourde, juste à la croisée des vertèbres.
Mon sang se voûte comme une bête fauve.
Christophe Cérès Carnets tibétains. Khora.
Photographies Qiang Zhang. Editions Voix d’encre. 2009
21:21 | Lien permanent | Françoise
22.07.2020
Envoi n°442. Marcelle Kasprowicz "Les Gorges".
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Les Gorges
Avec sa beauté anse de panier avec toutes les lianes enchevêtrées de sa beauté elle passait
avec dans son panier de fleurs qui se tordaient se glissaient s’échappaient comme de jolis serpents verts
Sans avoir la moindre idée que tout était déjà perdu et que la route avait été coupée bien en-deçà du pont elle passait
Les gorges ne faisaient peur à personne sauf à ceux qui devaient les enjamber
Marcelle Kasprowicz La Citadelle de chair Traduction de l’auteur. De Lodis Publishing, printed by OneTouchPointPrinting, Austin, Texas, copyright 2017. |
The Gorges
With her basket-handle beauty with all the tangled vines of her beauty she would walk by
with her basket where flowers coiled slid crept away like pretty green snakes
Without the slightest idea that everything was already lost and that the road had been cut well ahead of the bridge she walked on
The gorges did not scare anyone save those who had to step across them
Marcelle Kasprowicz Citadel of flesh De Lodis Publishing, printed by OneTouchPointPrinting, Austin, Texas, copyright 2017.
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- Marcelle Kasprowicz dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°245 « Les prisonniers des oiseaux… » ; envoi n°246 « Présage » ; envoi n°266 « L’herbe verte d’Hiroshima » ; envoi n°441 » Topaze/Topaz ».
- http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°245 « Les prisonniers d
17:40 | Lien permanent | Françoise
15.07.2020
Envoi n°441. Marcelle Kasprowicz "Topaze /Topaz"
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Topaze
Tu dis Le temps a tous les atouts
Tu dis qu’il nous balance par les cheveux au-dessus du gouffre
qu’il a déjà lu notre horoscope mais qu’il s’efface parfois devant l’amour pour nous faire croire pour nous faire croire…
Tu dis que le temps a laissé tomber ses yeux deux topazes qui pleurent sur le sable
N’y touche pas N’y touche pas
Marcelle Kasprowicz La Citadelle de chair Traduction de l’auteur. De Lodis Publishing, printed by OneTouchPointPrinting, Austin, Texas, copyright 2017.
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Topaz
You say Time holds all the aces
You say that it swings us by the hair over the abyss
that it has already read our horoscope but that it sometimes steps aside for love to make us believe to make us believe…
You say that time has dropped its eyes two topazes They weep on the sand
Don’t touch them Don’t touch them
Marcelle Kasprowicz Citadel of flesh De Lodis Publishing, printed by OneTouchPointPrinting, Austin, Texas, copyright 2017.
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· Marcelle Kasprowicz dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°245 « Les prisonniers des oiseaux… » ; envoi n°246 « Présage » ; envoi n°266 « L’herbe verte d’Hiroshima ». · http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/
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22:01 | Lien permanent | Françoise
