http://www.xiti.com/ ID de suivi

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22.11.2023

Envoi n°595. Marilyne Bertoncini & Alma Saporito "Scatti di luce/ Instantanés de lumière"

 

Solco di luce

che ari l’oscuro

diventi seme

 

Sillon de lumière

labourant l’obscur

tu deviens semence

 

ü  

Sta immobile

tra le canne la biscia

il sole filtra

 

Elle est immobile

la couleuvre dans les roseaux

où filtre le soleil

 

ü  

Non più migrante

airone cenerino

resti tra nebbie

 

Tu n’es plus migrateur

héron cendré

reste dans les brumes

 

(...)

 

Alma Saporito Marilyne Bertoncini Scatti di luce/ Instantanés de lumière, édition bilingue ; 

traduction : Marilyne Bertoncini ; photos : Francesco Gallieri ; introduction : Marc-Henri Arfeux.

Édition: pourquoi viens-tu si tard ? 2023

ü  

 

(...)

4

Le reflet dans l’eau de l’oiseau

se mêle aux reflets de l’eau --

Où est le réel ?

 

Il riflesso nell’acqua dell’uccello

si confonde con quelli dell’acqua --

Quale è la realtà ?

 

ü  

 8

Tout est double et se dédouble

pour l’oiseau et son jumeau d’ombre

le roseau devient frontière

 

Tutto è doppio e si sdoppia

per l’uccello e l’ombra gemella

la canna diventa confine

 

ü  

10

Quel peintre a tracé à l’encre

sur la page du jour d’un blanc étincelant

ces traits qui se diluent dans l’eau morte du marais ?

 

Chi dipinse con l’inchiostro

sulla scintillante pagina bianca del giorno

questi tratti diluiti nell’acqua morta della palude ?

 

(...)

 Marilyne Bertoncini Alma Saporito Scatti di luce/ Instantanés de lumière, édition bilingue ; traduction : Marilyne Bertoncini ; photos : Francesco Gallieri ; introduction : Marc-Henri Arfeux. Édition: pourquoi viens-tu si tard ? 2023.

Marilyne Bertoncini Alma Saporito Instantanés de lumière Scatti di luce.jpg

23:00 | Lien permanent | Françoise

15.11.2023

Envoi n°594. André Duprat "La nuit d'étang".

 

Devant l’abri muse, étang sous cieux comme on est sous tutelle, je glisse vers une contemplation, propre au regard songeur ; des vagues somnolentes - rocking-chair des yeux - distillent un confort d’âme, à nul autre pareil... Le clapot - pouls de peu -caresse l’inconscient dans un savant repos. De cette berceuse natale, je suis ami, aussi client. Le passé et l’avenir pareils à des inséparables se posent comme un présent. Et l’onde ondulante m’embarque sur la chaloupe des passages...

 

(...)

 

Étang, je te tutoie comme l’ami de la famille. Autrefois, cette pièce d’eau semblait servir de pas de porte, de prolongations ménagères, d’enceinte des nues, aujourd’hui elle s’identifie, s’intensifie comme une vie intérieure...

Si la contemplation fourmille des attentes qu’elle désire transformer en lendemains, son bilan chavire aussi vite que sa mise à l’eau. En surface, une auto hypnose développe un nuancier à l’usage de chacun : le jour fait sa nuit...

 

ü  

 

L’étang n’a pas l’ampleur à offrir en partage, il a plus grand : le mystère abordé par l’aperçu et bordé par l’ombre portée des œillères, l’intime au feu de bois dans le soleil oblique de l’automne, la bruine pénétrant dans le paletot massif du solitaire et les secrets murmures des reflets admis en poésie. Ainsi soit-il du premier souffle comme du dernier... Tout est moi dans cet étang jonché de notes mortes. Tout est moi : le moindre et la sensation possible.

 

André DUPRAT  La nuit d’étang, éditions Henry, collection La main aux poètes, 2018, pages 5, 9 et 10.

*André DUPRAT dans « Vous prendrez bien un poème ? » : feuille volante du 16/06/2022 : « Un lieudit de ce monde », Editions Océanes 2002 ; envoi n°536 : extrait de « L’étang unique », éditions Apeiron 2012 ; envoi n°537& 593 : extraits de « La Partance revenue » in « La nuit d’étang », éditions Henry 2018 ; envoi n°594 : extraits de « La nuit d’étang », éditions Henry 2018.

 

22:56 | Lien permanent | Françoise

08.11.2023

Envoi n°593. André DUPRAT "La Partance revenue"

 

Il y a partir et partir

Mais ceux qui partent pour survivre

Donnent du courage au mot partir

 

Ainsi mon frère le réfugié

Socle de sable entre deux balles

Ainsi ma sœur la réfugiée

Salve d’azur entre deux bombes

 

Il y a partir et partir

Mais, si erre l’être en souffrance

Sa cause au fond est entendue

 

v  

 

Mes pas m’ont quitté au tournant

de l’été 70

Après moins de vingt-trois ans de service

-         décompte fait des mois d’apprentissage --

 

Une fois mes derniers pas perdus/partis

J’ai dû m’astreindre à prendre un virage

Dont la particularité sans doute

non euclidienne

Autorise à tourner en rond

si l’on n’y prend garde

 

 

Refusant ce fait j’ai démarché l’insistance

-         Petite sœur peu connue de la volonté --

Dont la fraîcheur s’efforce

de prendre le pas

Sur la route minée

des mis sous appellation

 

v  

 

Partir

Dans les cendres accélérées

Du soupir ultime

Que la main d’amour dispersera

Dans la nuit d’étang

 

Et passer de rus en ruisseaux

De rivières en fleuve d’océan

Et revenir dans une nano particule

Composante d’une goutte de pluie

d’orage

Ainsi ira l’éternité d’un terre-à-terre

 

André DUPRAT La Partance revenue  in La nuit d’étang, éditions Henry 2018, collection La main aux poètes.

 

*André DUPRAT dans « Vous prendrez bien un poème ? » : feuille volante du 16/06/2022 : « Un lieudit de ce monde », Editions Océanes 2002 ; envoi n°536 : extrait de « L’étang unique », éditions Apeiron 2012 ; envoi n°537 : extraits de « La Partance revenue » in « La nuit d’étang », éditions Henry 2018.

 

 

22:44 | Lien permanent | Françoise