17.04.2019
Envoi n°385. Jean-François Mathé "Ce que j'ai chanté de mes nuits..."
Ce que j’ai chanté de mes nuits,
étoiles et quartiers de lune,
j’ai tout jeté en vrac dans l’une
dont l’ombre épousait mon ennui.
Qu’importe ce qu’il adviendra
de mes vieux refrains enrayés.
J’ai trop vécu mal éveillé
à mal dormir dans de beaux draps.
Funambule sur fil du temps,
j’ai fait tous mes pas de travers
au point de tomber dans l’hiver
au lieu d’entrer dans le printemps.
Et de ce que le monde donne
à partager, les fleurs, les coups,
comme les autres, j’eus les coups
car les fleurs ne sont pour personne.
Jean-François Mathé Passages entre chien et loup in Prendre et Perdre.
Editions Rougerie. 2018.
Jean-François Mathé dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°127 « Le soir vient d’abord dans les voix… » ; envoi n°128 « La main que j’avais enlevée… » ; envoi n°223 « Chanson des larmes » ; envoi n°224 « Chanson de l’amour » ; envoi n°384 « Le jour ne s’ouvre… ». http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/
22:37 | Lien permanent | Françoise
10.04.2019
Envoi n°384. Jean-François Mathé "Le jour ne s'ouvre qu'à la respiration..."
Le jour ne s’ouvre
qu’à la respiration
que nous glissons en lui,
au souffle qui lui prend et lui rend
ce qu’il a de plus léger à offrir
et pour en offrir plus,
il agrandit parfois l’espace
entre la terre et le ciel.
Quand le souffle nous manque,
le jour nous quitte.
Mais à la nuit
la première lampe qui s’allume
semble être, comme surgie d’un vase,
la dernière fleur
que nous avions cueillie en plein soleil.
Jean-François Mathé Vivre au bord in Prendre et Perdre. Editions Rougerie. 2018.
Jean-François Mathé dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°127 « Le soir vient d’abord dans les voix… » ; envoi n°128 « La main que j’avais enlevée… » ; envoi n°223 « Chanson des larmes » ; envoi n°224 « Chanson de l’amour ».
22:30 | Lien permanent | Françoise
03.04.2019
Envoi n°383. François Cheng "Mais nous reverrons bien ceux..."
Mais nous reverrons bien ceux à qui
nous n’avons pas dit à temps au revoir,
Ceux qui sont partis sans dire mot
dans le long effroi du délaissement.
Nous les reverrons, car nous n’aurons
de cesse de leur dire les mots qui n’ont été
Dits à temps, de leur répéter sans fin
au revoir au revoir selon la loi de la Vie :
Toute fleur est une fleur refleurie,
toute pluie une source retrouvée, toute larme
Une peine ravivée, tout visage un regard
reconnu, tout sourire un don échangé,
Et toute vie à venir
une vie à jamais survécue-souvenue.
François Cheng Par ici nous passons in La vraie gloire est ici.
Gallimard. 2015.
22:24 | Lien permanent | Françoise
