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21.08.2019

Envoi n°403. Georges BONNET "Ils vivaient alors des après-midi de rouges-gorges..."

 

 

Ils vivaient alors des après-midi de rouges-gorges et

chevauchaient les jours comme l’air s’unit à l’air

 

Leur visage ruisselait d’une tendresse inemployée

Les coquelicots et les bleuets avaient leurs blés

les buissons regorgeaient d’ailes

 

Mais déjà bougeaient en eux les petites lampes

de la souffrance et chacun se penchait le soir

sur ses naissantes cicatrices

 

Georges BONNET la claudication des jours Poèmes. p.80. L’Escampette Editions Poèmes. 2013.

 

Georges Bonnet dans « Vous prendrez bien un petit poème ? » : envoi n°119 « Il est bon de se perdre » ; envoi n°120 « Tout est regard » ; envoi n°402 « L’un habitait l’autre ».

http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/

 

 

22:48 | Lien permanent | Françoise

14.08.2019

Envoi n°402. Georges Bonnet "L'un habitait l'autre...".

 

L’un habitait l’autre et chaque mot

était une main tendue

 

Leur mémoire se complaisait nonchalante

savait les caresses des racines

la bienveillance des fontaines

 

Ils pouvaient déloger leurs blessures

et leurs paroles allaient jusqu’à la terre

 

Chaque fête avait tout naturellement sa tristesse

 

Les femmes respiraient comme la nuit

et tissaient les hivers avec le gris

des tourterelles

 

Georges BONNET la claudication des jours Poèmes. L’Escampette Editions Poèmes. 2013.

Georges Bonnet dans « Vous prendrez bien un petit poème ? » : envoi n°119 « Il est bon de se perdre » ; envoi n°120 « Tout est regard ». 

http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/

20:30 | Lien permanent | Françoise

07.08.2019

Envoi n°401. Jacques TORNAY "Hors des ornières".

HORS DES ORNIÈRES

 

Regarde comme les alentours se déploient

dès le moment où tu cesses de t’appartenir.

 

Penche vers la rivière qui semble t’aimer,

elle va dans le sens d’une vieille coutume.

 

On défie sa propre apparence et voici l’eau

sortie de son mutisme. On l’écoute couler.

 

Recueillement dans lequel rien n’est retenu

comme de la brise traverse une passoire.

 

On se survit sans même y penser. Plus

besoin de compter les jours sur les doigts.

 

Et si la vraie liberté du sang exigeait

l’émoi de l’innocence, l’intime de soi ?

 

Dégivre un sésame, présage un périple à faire

en la minute supplémentaire bonne à prendre.

 

Jacques TORNAY (1950-2019). Gains de Causes. Prix Charles Vildrac 2010. p.37 Editions L’Arrière-Pays. 2009.

 

Jacques Tornay dans « Vous prendrez bien un poème ?» : envoi n°163 « Hors des tracés » ; envoi n°164 « Vivre n’est pas suffisant » ; envoi n°400 « Entendre les morts est un métier à plein temps ».

http://vousprendrezbienunpetitpoeme.hautetfort.com/

 

HOMMAGE. Envoi n°164.

VIVRE N'EST PAS SUFFISANT

 

Laisse le hasard en disposer à sa guise.

Ne fais pas semblant de maîtriser les choses.

Vivre n'est pas suffisant et mourir est de trop,

cela au moins nous le savons

et aussi que toutes les étoiles se reflètent

dans l'eau d'un baquet.

 

Agite une main à l'adresse du vent,

dis-lui : frère d'en haut, dorénavant

nous sommes deux à n'être que de passage.

Installe-toi dans l'évasif, le probable,

module un refrain qui parle d'avoine

ou n'importe quelle chanson apprise au temps lointain

où l'âme vibrait par dessus les clairières, les monuments,

à travers la mémoire, sans obstacle qui la retienne.

 

Nous avons une voix pour le mûrissement du verbe.

Notre chance incroyable est la floraison et la récolte

     effectuées dans le même instant.

 

Jacques Tornay Feuilles de présence.  Éditions L'Arrière-Pays. 2006

 

 

 

 

 

20:57 | Lien permanent | Françoise