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15.08.2018

Envoi n°355. Béatrice Marchal "Ce n'estqu'une égratignure...".

 

Ce n’est qu’une égratignure, presque rien,

il faudrait n’y prêter pas plus d’attention

qu’à ce qui l’a causée – un mot, un regard,

mais rien n’y fait, elle saigne à flots

épais et sombres que l’on s’efforce

d’arrêter par la compression, simplement

soucieux d’éviter les taches sur la manche.

 

A ceux qu’on voulut autrefois aguerrir

contre l’ennemi, la rudesse n’apprit

qu’à mieux dissimuler  la tare d’un sang

que seul parvient à contenir l’encre noire

des lettres qu’il écrit en séchant.

 

             Béatrice Marchal « Progression jusqu’au cœur ». Editions L’herbe qui tremble. 2018.

 

(Désolée que les envois n°331 & 354 soient identiques.)

 

 

19:52 | Lien permanent | Françoise

08.08.2018

Envoi n°354. Béatrice Marchal "Contre des paroles qui, l'air de rien, vous hachent..."

 

 

Contre des paroles qui, l’air de rien, vous hachent

et vous couchent comme la grêle sur les blés,

il faudrait la légèreté des graines

portée par des pompons de cils blancs, que le vent

éparpille, on dirait des flocons insouciants

qui se poursuivent remontent s’accrochent

l’un à l’autre au hasard, au gré des souffles.

 

La pluie contre elles peut bien faire rage,

pareilles cibles, rabattues au sol,

saisiront leur chance d’y germer et d’y prendre

racine pour l’herbe, la fleur ou l’arbre.

 

Béatrice Marchal « Progression jusqu’au cœur ». Editions L’herbe qui tremble. 2018.

19:53 | Lien permanent | Françoise

04.07.2018

Envoi n°353. Béatrice Marchal "J'ai vu le vent..."

J’ai vu le vent parcourir l’orge

de longs frissons aux reflets de cytise.

Sous ses à-coups ce n’était plus soudain

que plongeons, roulades, chahuts

de jeunes chats sur le perron.

 

La fourrure des herbes hautes

couvrait les champs, le bord des routes

d’une transparence où dansait

légère la lumière.

 

Il suffisait de trois iris

pour qu’un jardin devînt un temple.

 

 

 Béatrice Marchal « Un jour enfin l‘accès ». Editions L’Herbe qui tremble. 2018.

 

« Vous prendrez bien un poème ? » fait une pause du 5 juillet au 5 août.

15:17 | Lien permanent | Françoise