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06.08.2014

Envoi n° 167. Maximine "L'air t'a volé..."

              L'air t'a volé... 

 

L'air t'a volé ton chapeau

L'air chipe beaucoup de choses

Pétales de vieilles roses

Sables de plages-châteaux...

 

Il passait un beau garçon

Baladant un chien d'attaque

A l'air révisais mon bac

A l'air où paraît ce blond

 

Merveille des souvenirs

Qui reviennent comme en chambre

J'avais ce beau collier d'ambre

Jamais revu le garçon.

 

Maximine. Fin 15-10-2011 pour Thauma

 

Thauma, Revue de philosophie et de poésie. L'Air. Numéro 9. Janvier 2012. 28, rue Beaubourg. 75003. Paris.

20:03 | Lien permanent | Françoise

30.07.2014

Envoi n°166. Maximine "Air d'aimer"

AIR D'AIMER

 

 

Tel amour plus jeune que moi

Jamais je ne l'eusse espéré

La vie parfois vous fait pleurer

Quelquefois vous charrie de joie

 

Charrie de charme et de grandeur

Un bel amour comme au début

Pas eu le mal de n'aimer plus

Su que l'élan de la douceur

 

Mon amour me bourre le cœur

De songes anciens qui reviennent

Sans illusions je me sens tienne

C'est l’écho du plus clair bonheur

 

Maximine

20-07-2011 pour Thauma

 

Thauma, Revue de philosophie et de poésie. L'Air.Numéro 9. Janvier 2012. 28, rue Beaubourg. 75003. Paris.

 

 

23:55 | Lien permanent | Françoise

23.07.2014

Envoi n°165. René de Obaldia "Le plus beau vers de la langue française"

LE PLUS BEAU VERS DE LA LANGUE FRANÇAISE

 

« Le geai gélatineux geignait dans le jasmin »

Voici, mes zinfints

Sans en avoir l'air

Le plus beau vers

De la langue française.

 

Ai, eu, ai, in

Le geai gélatineux geignait dans le jasmin...

 

Le poite aurait pu dire

Tout à son aise :

« Le geai volumineux picorait des pois fins »

Eh bien ! non, mes zinfints.

Le poite qui a du génie

Jusque dans son délire

D'une main moite

A écrit :

 

« C'était l'heure divine où, sous le ciel gamin,

LE GEAI GELATINEUX GEIGNAIT DANS LE JASMIN. »

 

Gé, gé, gé, les gé expirent dans le ji.

Là, le geai est agi

Par le génie du poite

Du poite qui s'identifie

A l'oiseau sorti de son nid

Sorti de sa ouate.

 

Quel galop !

Quel train dans le soupir !

Quel élan souterrain !

 

Quand vous serez grinds

Mes zinfints

Et que vous aurez une petite amie anglaise

Vous pourrez murmurer

A son oreille dénaturée

Ce vers, le plus beau de la langue française

Et qui vient tout droit du gallo-romain :

 

«Le geai gélatineux geignait dans le jasmin. »

 

Admirez comme

Voyelles et consonnes sont étroitement liées

Les zunes zappuyant les zuns de leurs zailes.

Admirez aussi, mes zinfints,

Ces gé à vif

Ces gé sans fin

Tous ces gé zingénus qui sonnent comme un glas :

Le geai géla... « Blaise ! Trois heures de retenue.

Motif :

Tape le rythme avec son soulier froid

Sur la tête nue de son voisin.

Me copierez cent fois :

Le geai gélatineux geignait dans le jasmin. »

 

     René de Obaldia Innocentines Grasset in Anthologie de la poésie française du XXè siècle.

Nrf Poésie/Gallimard.2011 (première édition 2000).

 

 

 

 

23:31 | Lien permanent | Françoise