13.09.2017
Envoi n°318. Fadwa Souleimane, extraits de "Genèse".
GENESE
(…)
pluie sur pluie
argile sur argile
et ma grand-mère qui tricote son récit
avec un fil de soleil
et un fil de lune
moulant ses mots
dans le moulin du vent
et les répandant
comme des étoiles
(…)
pluie sur pluie
argile sur argile
elle inclina sa nuque au vent
et son buste devant le tronc d’un arbre mûr
ses genoux elle les plia devant les cailloux
et son front elle l’abaissa devant la terre
elle offrit ses doigts aux abeilles
ses dents à la vérité
ses chansons aux roseaux
et ses pieds aux racines
elle donna son sang pour la noce du pollen
et laissa tomber sa chevelure sur le récit
Fadwa Souleimane « A la pleine lune. Poésie ». Traduction de l’arabe (Syrie) par Nabil El Azan, pages 32, 58 Editions Le Soupirail, 2016.
22:35 | Lien permanent | Françoise
06.09.2017
Envoi n°317. Josette Ségura : "Ils pleurent devant les pots de basilic..."
Ils pleurent devant les pots de basilic,
nous allons partir pour un long voyage en 4CV,
je ne sais plus si je pleurais, ma mère, oui,
ma grand-mère me regarde toujours derrière ses larmes,
mon grand-père avec son mouchoir à carreaux,
le jour se levait comme lorsque nous partions à l’Océan,
on achetait des croissants chauds,
ce voyage sera bien plus long,
plusieurs jours pour arriver en France,
l’émotion quand je vis ce nom à la frontière,
je n’avais que cette image de pommes rouges dans
l’herbe verte au pied des vaches,
de mon livre de géographie.
*****
Vivre, dire, mine de rien,
comme si cette façon pouvait donner le ton juste,
sans bruit, comme il faudra passer ici,
souvent à la recherche d’une légèreté, d’une brise
quand les tracas troublent la paix
avec laquelle pourtant nous allions.
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Josette Ségura, extraits de « Jours avec ». Poèmes. Editions éditinter. 2017.
17:04 | Lien permanent | Françoise
30.08.2017
Envoi n°316. Josette Ségura "Saint-Guilhem-le-Désert..."
Saint-Guilhem-le-Désert,
l’ermitage au bout d’un sentier,
des pierres et du buis
mais aussi de l’eau dans le village,
il y a longtemps, je fus émerveillée par toutes ces fontaines
au coin des rues,
par ce nom d’abord repéré sur une carte,
tant d’eau dans un désert,
le chemin commençait à ressembler à quelque chose.
*****
Ce silence,
on peut s’appuyer,
on ne sait plus parfois sur qui s’appuyer,
chemin qu’on cherche tout le temps,
comme s’il fallait passer par ce jeu de cache-cache,
apprendre à le perdre, le reconnaître, le suivre.
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Josette Ségura, extraits de « Jours avec ». Poèmes. Editions éditinter. 2017.
21:59 | Lien permanent | Françoise
