05.09.2012
Envoi n°76. Hölderlin "Beaucoup de choses grandes nous attendent encore..."
IX.
(…)
Beaucoup de choses grandes nous attendent encore, et qui
Aima ainsi ne peut que monter vers les dieux.
Accompagnez-nous donc, ô heures consacrées, ô graves
Jeunes heures, restez, pressentiments divins,
Auprès de nous, pieuses prières, et vous ferveurs, et vous
Bons génies qui auprès des amants vous plaisez :
Restez-nous jusqu'au jour où, sur une terre commune,
Là où les Bienheureux sont prêts à redescendre,
Où sont les aigles, les étoiles, les messagers du Père,
Où sont les Muses, d'où héros et amants viennent,
Nous nous retrouverons, ou bien sur l'île de rosée
Où les nôtres enfin dans les jardins fleurissent,
Où les chants disent vrai, où la beauté des printemps dure,
Où pour notre âme une autre année encore s'ouvre.
Hölderlin Ménon pleurant Diotima
in D'une lyre à cinq cordes. Traductions de Philippe Jaccottet 1946-1995
Nrf Gallimard. 1996
23:47 | Lien permanent | Françoise
29.08.2012
Envoi n°75. Judith Chavanne " Il y a ceux qui savent placer le silence..."
Il y a ceux qui savent placer le silence
dans leurs pièces, leurs chambres
où l'on n'entre jamais qu'après lui.
L'espace y borde les chaises, le canapé, la table,
un peu comme l'écoute
en laquelle les paroles seront recueillies.
Dès la porte, on l'avait pressenti
à la vue de l'eau dans la transparence
d'un vase où se dessinent, si claires, les tiges.
Judith Chavanne Un seul bruissement suivi de Les aînés, ceux qui les suivent.
Editions le bois d'Orion. 2009
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Judith Chavanne (née en 1967) dans Vous prendrez bien un petit poème ? :
envoi n°1 : Il se fait un grand calme de la pivoine à soi... ; envoi n°2 : Nous monterons aux montagnes d'espace... ; envoi n° 74 : Pour ce que chacun en soi porte – enfant, secret, amour...
14:59 | Lien permanent | Françoise
22.08.2012
Envoi n°74. Judith Chavanne "Pour ce que chacun en soi porte..."
Pour ce que chacun en soi porte
– enfant, secret, amour, la parole
donnée, lue, entendue – ,
elle s'est assise, elle a choisi
la marche basse
de pierre toujours fraîche
dans le fort même de l'été,
elle s'est tue ;
il y avait au-dessus beaucoup de ciel,
et cette lointaine parole
peu à peu en elle qui se prononçait ;
elle allait y entrer, s'y reposer.
Se reposer comme on vit
sans autre attente de ce qui est.
Judith Chavanne Une halte in Un seul bruissement suivi de Les aînés, ceux qui les suivent. Editions le bois d'Orion. 2009
15:30 | Lien permanent | Françoise
