15.08.2012
Envoi n°73. Béatrice Douvre "Le nu est ta pudeur..."
Le nu est ta pudeur sur un parterre de roses, enfant, à la voix tourmentée.
J'avais convié l'insoutenable nuit, pour fermer les deux oiseaux de tes yeux, tes deux sommeils, ton épaule évadée dans l'ombre lente.
Les soleils d'eau tournoient sur le parfait reflet de ta naissance, et sur ton front de vent.
Les infidélités sont dans les chevelures, comme des massacres légers ; dans le fer, la hache claire des soleils courts.
Le sabre des rivières, la lie des branches d'eau, et ces rares vallées où paissent les chevaux, seront ta confidence lorsque tu marcheras du côté majestueux de l'herbage.
J'aime maintenant que tes mains de fileuse se répandent, infidèles, au plus haut bord du monde.
Béatrice Douvre ( 1967-1994) Poèmes inédits in Possible Imaginaire n°1. L'Arrière-Pays.
18:13 | Lien permanent | Françoise
08.08.2012
Envoi n°72. Béatrice Douvre " Verdeur angevine..."
Verdeur angevine le long de jeunes voûtes.
C'est jour de mer, au soleil mandoline.
C'est le petit mendiant en haillons d'or, les mains
tendues vers les deniers virils.
C'est un chemin de pas qui mène à l'oiseau froissé.
C'est la voix tourmentée d'une petite fille noyée,
aux yeux blonds, à la douceur allée...
C'est le ciel en beauté subite, luisant d'haleine d'anges ;
Dieu qui visite ses prairies.
C'est le joyau d'étoiles épinglé au corsage, rose or
et blanc, comme des seins pubères.
C'est jour de mer, et les fontaines percent les villes,
aux toits de mûres noires ou d'orange.
C'est mon amour pénombré dans la ville ; courageux, l'avez-vous
vu passer ? Il a du sel et des chemins sur le visage...
à la taille, un soleil bas et tacheté.
Béatrice Douvre (1967-1994) Poèmes inédits in Possible Imaginaire
n°1. Editions L'Arrière-Pays.
15:55 | Lien permanent | Françoise
01.08.2012
Envoi n°71. Jean Joubert "Le Chemin"
LE CHEMIN
Chemin des pâtres, le plus sûr, parmi les ruches et les pins.
Et louange à ceux qui tracèrent, du plus lointain de l'histoire,
ces liens secrets au plaisir des collines.
Une geste, une parole y durent,
le visage y revêt sa robe de lumière.
Et c'est le temps d'Eros et du cyprès
qui monte nu par ces degrés de schiste.
Jean Joubert Les Poèmes : 1955-1975. Editions Grasset
in POETES DE SUD. Editions Rijois. 1978.
Jean Joubert dans «Vous prendrez bien un petit poème?» : envoi n° 29 : « Une trêve en plein été » ; envoi n°30 : « Le Cheval » ; envoi n°70 : "la Colline".
18:17 | Lien permanent | Françoise
