30.03.2022
Envoi n°521. Béatrice Marchal "Croire qu'au fonddu malheur..."
Croire qu’au fond du malheur il est une porte
entr’ouverte dans le silence,
derrière il y a des mots aux vertus
de clair de lune,
le noir, quand on les prononce, n’est plus total,
il devient possible de l’accepter
et sans le laisser prendre un pouce d’avantage,
faire advenir
au fond de soi
une parole éclairant le chemin,
ses pierres, ses passants
d’un éclat inconnu
- d’une lumière qui appelle
l’attention,
un secours.
Béatrice MARCHAL Inquiétude de l’autre et des mots. Editions Les Lieux-Dits, 2020
*Béatrice Marchal dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°219 & 220, extraits de « Equilibre du présent » ; envois n°255, 256 & 332, extraits de « Résolution des rêves » ; envois n°331, 354 & 355, extraits de « Progression jusqu’au cœur » ; envois n°412 & 413, extraits de « Au pied de la cascade » ; envois n°464 & 465, extraits de « L’ombre pour berceau » ; envois n°520 & 521, extraits de « L’inquiétude de l’autre et des mots ».
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23.03.2022
Envoi n°520.Béatrice MARCHAL "Qui donc s'approche..."
Qui donc s’approche
dans ce bruit de pas sur des feuilles sèches
que font en tombant les fleurs du tilleul,
serait-ce un oiseau aussi léger qu’elles,
quelque animal guettant sa proie,
un rôdeur qui se cache dans l’ombre du soir
ou la présence
d’une merveille trop évidente pour être
reconnue, un
de ces fils perdus dans la trame de nos jours
que le moindre souffle fait miroiter
avec la puissance d’un rayon de soleil.
Béatrice MARCHAL Inquiétude de l’autre et des mots.
Editions Les Lieux-Dits, Cahiers du Loup bleu, 2020.
*Béatrice Marchal dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°219 & 220, extraits de « Equilibre du présent » ; envois n°255, 256 & 332, extraits de « Résolution des rêves » ; envois n°332, 354 & 355, extraits de « Progression jusqu’au cœur » ; envois n°412 & 413, extraits de « Au pied de la cascade » ; envois n°464 & 465, extraits de « L’ombre pour berceau ».
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16.03.2022
Envoi n°519. Alain LACOUCHIE "terre" & "la guerre"
terre
30.
Un chêne m’attache
Il ne me parle qu’au printemps
ou lorsque le vent grelotte.
Il m’agrandit à la sérénité.
Quand je partirai avec les oiseaux,
je serai en secret – ou d’azur.
31.
Dites-moi les colonnes doriques,
dites-moi les oliviers de l’Attique,
la terre maigre et le ciel si dense,
si pur de ses bleus immenses ;
dites-moi la mer et les enfers,
l’éternité, et la philosophie
comme une évidence.
(...)
La guerre
51.
L’homme de Vitruve est l’unité.
Bras ouverts, il est nu d’être si petit,
sans ailes ni destin : seul le temps
lui permettrait d’être un dieu.
La tribu est une plénitude
comme deux mains tressées.
Peau contre peau,
peau contre peur.
Tribu maternelle
par la peau de l’autre.
Au-delà de la tribu, c’est la guerre.
52.
Casques noirs,
boucliers noirs,
matraques.
Boucliers noirs,
molosses noirs,
matraques.
Policiers en noir,
contre.
L’indienne
aux joies nues
a des fleurs en feu
à la bouche
et des griffes
à chaque jour.
Elle ne craint pas
les policiers en noir.
Personne ne prendra sa terre
et son enfant.
53.
Bombes, bruit de bottes
et battements de tambours.
Bombes et brûlures, fractures ;
bombes qui renversent la nuit
et ces cris, des gris qui achèvent.
Et ces noirs bordés d’or,
pleurs d’une mère
seule dans son chagrin.
Alain LACOUCHIE Butiner la vie. Un mot de plus de Jean-Claude Martin. Editions Editinter, 2012.
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