07.12.2016
Envoi n°279. Antoine Maine "C'est un monde d'oiseaux..."
(…)
C’est un monde d’oiseaux
avec des hérons plantés au bord du fleuve
des mouettes qui gueulent en souvenir de la mer
et un merle qui chante dans la nuit
pour attirer l’aube
Je connais dans une forêt
une place où sont les ombres
assoupies dans un creux d’ailes
(…)
*
Depuis les bordures de la ville
les chants des coqs étirent le ciel du matin
tout semble alors si fragile
(un linge léger posé par-dessus les toits)
Je m’avance
comme un homme sans chemise
seulement soucieux de déchiffrer le message des cumulus
*
(…)
C’est une région inexplorée
sans cartographie ni référence
comme blottie dans la poignée des mains
quand on arrive au col on l’aperçoit tout au loin
quand le ciel est clair
quand le ciel est clair
J’en suis encore au décompte des étoiles
que déjà vient le jour qui tout efface
(…)
*
Antoine MAINE Une vie avec du ciel. Prix Troubadours/Trobadors 2016. Revue FRICHES. Cahiers de Poésie Verte.N°122. Le Gravier de Glandon. 87500 Saint-Yrieix. ou Collection « Trobar ».
12:20 | Lien permanent | Françoise
30.11.2016
Envoi n°278. Morgan Riet "Longtemps"
Longtemps
Longtemps les mots
sont venus me remplir
à double tour-
ment, cliquetis sans clef visible.
Rongé des sens,
j’étais leur geôlier
et je les figeais
entre les murs de ma peur
d’être
et de l’inconnu.
Longtemps je n’ai
pas voulu entendre
qu’il me faudrait me rendre
à leur liberté.
Morgan Riet A fleur de poème. Editions Donner à Voir. 2016
23:07 | Lien permanent | Françoise
23.11.2016
Envoi n°277. Morgan Riet "Langue, élan"
Langue, élan
Pour recouvrer l’enfance
à la margelle
d’un cri sans fond,
pour ne plus me sentir nu
sous la douche
des heures froides,
pour me désincarcérer
du sentiment ronce,
du sentier d’abandon,
cette fenêtre
qui me réinvente
avec les moyens
du cœur
et du corps
et par laquelle –
tête épanchée
d’aronde ou corbeau
sur la marelle –
ruminent semelles,
s’élancent,
s’émiettent des lignes
à cloche-voix.
Morgan Riet A fleur de poème. Illustrations de Math Mahlen. Editions Donner à Voir. 2016.
19:58 | Lien permanent | Françoise
