21.12.2016
Envoi n°281. Jean-Pierre Lemaire "Prélude"
PRÉLUDE
Dans notre ancien jardin
les enfants étaient grands
Ils voyaient déjà des choses
aux confins du feuillage
qu’ils pensaient plus tard atteindre
dans un seul élan
et qui restent leur secret
car l’ultime distance
nous ne l’avons jamais franchie
C’est nous aujourd’hui
au souvenir des arbres
qui sommes devenus petits
Jean-Pierre Lemaire Scènes d’enfants in Le Pays derrière les larmes Poèmes choisis. Préface de Jean-Marc Sourdillon. nrf. Poésie/Gallimard.2016.
21:38 | Lien permanent | Françoise
15.12.2016
Feuilles Volantes N°4. Ziad Medoukh "Devant la spoliation de mon peuple..."Poème offert par L.C.
Devant la spoliation de mon peuple,
Les agressions dévastatrices,
La tragédie interminable,
Les crimes perpétrés,
L’horreur absolue,
Les droits bafoués quotidiennement,
Le silence infâme,
L’impuissance à arrêter l’arrogance de l’occupant,
Et l’injustice navrante dans des territoires occupésmille fois,
Devant les larmes amères de nos mères endeuillées
Aux cœurs meurtris,
Les visages burinés par l’horreur,
Devant les rêves brisés,
La vie suspendue dans une prison.
Et l’incertitude du lendemain
Moi, libre par le cœur et par l’esprit,
Avec mon amour indéfectible pour la justice,
Moi, guerrier de la liberté et de la fraternité,
Moi, qui ne veux être ni héros, ni victime,
Moi qui, avec endurance, veux seulement vivre digne
Moi, le porte étendard de l’espérance,
Je n’ai que ma poésie.
Si le ciel trace ses chemins et plante des étoiles
Moi, j’ai choisi mon combat
Qui fera sortir de sa torpeur le monde du silence !
J’ai choisi de m’exprimer en vers.
Chacune de mes lignes porte l’espérance !
J’exprime avec pudeur et sans haine le vécu d’un peuple,
Un cri légitime contre l’injustice.
(…)
Ziad Medoukh "Poèmes d'espoir dans la douleur". Editions Scribest,collection "Écrits et cris de Palestine". 2016
18:41 | Lien permanent | Françoise
14.12.2016
Envoi n° 280. Antoine Maine. "Et maintenant".
ET MAINTENANT
Et maintenant il est debout
Sur la marche d’une autre nuit
Du lointain s’annonce la forêt
Dont toujours il ignore le nom
A peine est-ce là un chemin
Encore emmêlé de brouillard
Une coulée étroite entre
Les troncs blanchis des peupliers
Qu’une large main a rassemblés
Dans ce creux de vallée pierreuse
Comme poussé d’ici il dérive
Soucieux des reflets irisés
A la surface des ornières
Qui s’élancent sous l’accolade
Des mélèzes frappés de rouille
Il avance ainsi sans rien craindre
Ni la ronce ni même les euphorbes
Dans le silence des oiseaux
Il longera souvent la fosse
Pleine des jours non avenus
D’ici bas s’échappent parfois
Des insectes aux ailes de lumière
Résidents d’une autre vallée
Laissée plus loin en souvenance
Antoine MAINE Une vie avec du ciel. Prix Troubadours/Trobadors 2016. Revue FRICHES. Cahiers de Poésie Verte.N°122 (ou Collection « Trobar ».) Le Gravier de Glandon. 87500 Saint-Yrieix.
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