15.03.2017
Envoi n°292. Mermed "Pashtoune"
Pashtoune
Digressions autour de la poésie des femmes pashtounes
Trop souvent
j’ai hanté les prisons de la solitude
trop longtemps
j’ai erré dans les cours de l’inquiétude
dans mes habits usés
j’ai fatigué tous mes amis
avec mes habitudes fatiguées
j’ai usé toute ma magie
et l’amour aussi
ma couche je l’ai parfumée de cinnamome
et d’encens
autour de mon cou un sachet de myrrhe
enjôle mes seins
attente
de la consolation des voluptés
encore.
Ces poésies ont été rassemblées par Sayd Bahodine Majrouh (traduction par André Velter et l’auteur- Connaissance de l’Orient, Gallimard)
Mermed in Revue « verso 165, murs, miroirs de la fuite. » juin 2016. Alain Wexler, 547 rue du Genetay 69480 Lucenay.
21:48 | Lien permanent | Françoise
01.03.2017
Envoi n°290. Jean-Pierre Farines " Le jour est né d'un arbre en fleurs..."
Le jour est né d’un arbre en fleurs Celui qui retient
le ciel juste au dessus de la colline Tous les pétales
sont tombés en pluie comme des graines de lumière
pour ensemencer la nuit
Laisser la beauté
traverser le masque
et rencontrer le vrai regard
Encore un souffle de la nuit
dans l’arbre qui s’élève
Déjà les flammes de l’aurore
dans ses doigts fleuris
Quelque chose d’immortel
dans sa fragilité
C’était un jardin au pied de la colline La solitude
devint un amandier en fleurs
Et je naquis de sa robe de mariée
(…)
L’arbre est encore mouillé de nuit Des chevaux
lumineux galopent dans le jour Comme des milliers
d’oiseaux les fleurs des amandiers se sont envolées
pour un temps minuscule
Jean-Pierre Farines « Petits Poèmes du jour et de la nuit ». Editions Alcyone. Collection Surya. 2016.
17:39 | Lien permanent | Françoise
22.02.2017
Envoi n°289. Jean-Pierre Farines "Peut-être / que tu ne sais pas lire..."
Peut-être
que tu ne sais pas lire
Seulement ânonner toujours
les mêmes lettres
Et tu ne comprends rien
à la transparence de l’eau
à la fluidité de l’air
aux lointaines étoiles
à ces regards croisés
à ces profils perdus
Aux signes désespérés
de tout ce qui s’éteint.
Tant d’autres
comme toi écoutent
les pas du silence
Cueillent dans le noir
les lucioles de l’insomnie.
Tant d’autres
dans la même nuit
avec des mots différents
souffrent les mêmes maux.
(…)
Mais l’autre
va peut-être disparaître
si tu ne l’aimes pas
La lumière va peut-être mourir
si tu fermes les yeux
Et qui serais-tu
si tu n’apprends pas à voir
et à aimer
Si tu n’écoutes pas
cette musique qui te cherche
et que tu n’entends pas.
Jean-Pierre Farines « Profils perdus ». Editions Donner à Voir. 2005.
21:59 | Lien permanent | Françoise
