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25.05.2016

Envoi n°251. Andrée Chedid "Où es-tu ?"

OÙ ES-TU ?

 

Où es-tu ma voix lointaine

Toi qui parles comme mon âme

 

Enfouie sous le jour et les rumeurs

Sous l’or et les saisons

 

Sous les plaintes de la rue

Et le ferment des villes

 

Dans mon tombeau de soucis

Et de rire blond

 

Entre quelle nudité dois-je murer mon corps

Pour que vienne la voix

Qui parle comme mon âme ?

 

 

Andrée Chedid TEXTES POUR UNE FIGURE (1949) in Andrée Chedid par Jacques Izoard. Editions Seghers. Collection Poètes d’aujourd’hui. 2004

 

 

18:56 | Lien permanent | Françoise

20.04.2016

Envoi n°250. Anne Perrier "Suspendue au fil..."

Suspendue au fil

Du lumineux été

La libellule

En gloire semble attester

Que vivre est une royauté

Fragile

 

 

 

Si j’étais le berger

De mes pensées de mes rêves obscurs

Je passerais le mur

Des nuits

J’irais conduire mon léger

Troupeau jusqu’à l’inaccessible source

Et nous boirions au long été

Perdu toute peur endormie à mes pieds

Chienne douce

 

 

 

Moi l’envolée

J’ai perdu dans les airs la trace des oiseaux

 

Moi l’écoulée

En dormant j’ai perdu la voix des passeurs d’eau

 

Je suis le chant qui s’en va tout seul

Entre terre et ciel

 

 

 

Anne Perrier Le Livre d’Ophélie 1977-1979  (p.133-134) in La voie nomade & autres poèmes. Œuvre complète 1952-2007. Préface de Gérard Bocholier. L’Escampette Editions Poésie. 2008.

 

 

16:56 | Lien permanent | Françoise

13.04.2016

Envoi n°249. Anne Perrier "Le peuplier"...

                LE PEUPLIER

Au faîte du silence

Avide il boit le ciel

A la source                                            (p. 169)

 

                LE CYPRÈS

Tel un berger dans la brume

Qui compte et compte encore ses brebis

L’angoisse au cœur

Sous sa cape étroite                             (p. 171)

 

               LE HÊTRE

Etendant vers le ciel

Ses longs bras d’hiver

Il mesure l’espace

Infini du désir                                   (p. 171)

 

             LE TREMBLE

L’aède au pied léger

Le très humble

Le traversé de vent

Et toujours vulnérable

Frère que d’imprécises peurs

Convulsent                                     (p.172)

 

           L’OLIVIER

Il vit jouer les dieux enfants

D’entre ses branches murmurantes

L’Histoire en passant les broya

Et maintenant il règne seul

Sur les grands temples écroulés

Et sur les lauriers roses                   (p.175)

 

           L’IF

Gardien d’éternité

Il rend grâce aux martinets

Qui chaque soir dans l’air tremblant

Cousent le ciel à la terre                 (p.179)

 

Anne Perrier Les noms de l’arbre  in La voie nomade & autres poèmes. Œuvre complète 1952-2007. Préface de Gérard Bocholier. L’Escampette Editions Poésie. 2008.

16:53 | Lien permanent | Françoise