29.03.2023
Envoi n°566. Werner Lambersy "En t'endormant/Tu t'es blottie...
En t’endormant
Tu t’es blottie contre
Mon épaule
Depuis je ne dors pas
Je veille
Ton souffle
Paisible repousse de
L’aile la fin du monde
Et je remets en place
Le drap léger
Tissé devant ta lèvre
Un merle a chanté ce
Matin sait-il que c’est
La guerre non loin de
L’ébranlement de l’air
Werner LAMBERSY (Anvers, 16 novembre 1941 - 18 octobre 2021, Paris)De la fenêtre, accompagné d’un texte liminaire d’Otto Ganz. Revue A L’Index, hors-série, Les Plaquettes, mai 2022. https://lelivreadire.blogspot.com/
*Werner LAMBERSY dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°329 « la beauté/est le dernier obstacle à opposer aux dictatures » ; envoi n°330 « il y a un cri/ on ne l’entend pas » ; envoi n°556 « Aujourd’hui, le ciel est vide » ; envoi n°557 « Rien n’est encore écrit » ; envoi n°565 « Je ne peux penser qu’au chien /d’Ulysse ».
22:35 | Lien permanent | Françoise
23.03.2023
Envoi n°565. Werner LAMBERSY "Je ne peux penser qu'au chien..."
Je ne peux penser qu’au chien
D’Ulysse
Le seul qui ne mente pas et
Attende
Qui ne dépasse jamais le seuil
Où espérer encore la caresse
Ou le tas de fumier de la cour
Pour voir mieux
Et renifler de plus loin la peau
Qui s’approche
Celle qui rappelle les chasses
De sa jeunesse
Je ne peux penser qu’au chien
D’Ulysse
Qui presque aveugle aboyait de
Joie et léchait la peau calleuse
Werner LAMBERSY (Anvers, 16 novembre 1941 - 18 octobre 2021, Paris). De la fenêtre, accompagné d’un texte liminaire d’Otto Ganz. Revue A L’Index, hors-série, Les Plaquettes, mai 2022. https://lelivreadire.blogspot.com/
*Werner LAMBERSY dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n°329 « la beauté/est le dernier obstacle à opposer aux dictatures » ; envoi n°330 « il y a un cri/ on ne l’entend pas » ; envoi n°556 « Aujourd’hui, le ciel est vide » ; envoi n°557 « Rien n’est encore écrit ».
20:22 | Lien permanent | Françoise
15.03.2023
Envoi n°564. Anne Perrier "Le Joueur de flûte".
LE JOUEUR DE FLÛTE
Je ne suis plus qu’une ombre
A la face du jour
Je ne suis plus que la douleur
Et la plainte du monde
Je ne suis plus qu’épines
Et cris d’entre les ruines
Je ne suis plus que la blessure
Ouverte de ce temps
Je ne suis plus
Qu’une flûte remplie de vent
Chaque matin le monde
S’éveille si usé
Si frais
Les enfants meurent par milliers
Et nous marchons et nous dormons
Sur le velours du jour
Pourquoi d’un jardin si beau
Sommes-nous incapables
De répartir les fruits
Ici les mains trop pleines
Là-bas les mains trop vides
Entre les deux l’amour la mort se battent
Tant de silences sur ma page
Blanches brassées de fleurs
Sur toute la douleur du monde
(...)
Anne PERRIER Le Joueur de flûte in La Voie nomade & autres poèmes, Œuvres complètes, préface de Gérard Bocholier, L’Escampette éditions Poésie, 2008.
- Anne Perrier dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envoi n° 209 « Mon frère entre la sauge et l’ombre » ; envoi n°210 « Voici ma place pour l’éternité » ; envoi n°249 « Les noms de l’arbre », extraits ; envoi n°250 « Le Livre d’Ophélie », extraits ; envoi n°287 « Pour un vitrail », extraits ; envoi n°563 « Notre sœur la Mort ».
21:50 | Lien permanent | Françoise
