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19.04.2023

Envoi n°569. Syméon de la Jara "Me promenant à travers ce monde..."

     

     Me promenant à travers ce monde, j’écris sur tout ce que j’aime.

     La vie est dure et l’homme incomplet. Aimer est consolation, joie, vie et plénitude, portant au-delà, loin du monde, et nous revivifiant dans le monde. Grâce à l’amour les êtres et les choses n’acquièrent-ils pas de la fraîcheur et une place dans le cœur aimant qui s’amplifie ?

     Dans la tranquillité, on aime doucement, oublieux de soi, accédant au mystère silencieux de la création et de l’incréé.

     Prendre le temps, le temps pour contempler et pour aimer. Le temps pour ne rien faire, le temps pour écrire des poèmes, ou plutôt, le temps pour que le poème apparaisse sur la page en passant par notre âme, autant que possible ouverte, attentive et silencieuse. Et l’on est surpris, et l’on s’émerveille de ce que cela engendre, ourdi dans son cœur. La joie de faire avec les lettres, sans faire.

(Introduction de Syméon)

Syméon de la Jara (Lima, 1950-), revue ARPA 139. Site : www.arpa-poesie.fr ; mail : revuearpa@gmail.com

 

23:10 | Lien permanent | Françoise

12.04.2023

Envoi n°568. Marilyne Bertoncini "Ta main d'ombre saisit la mûre..."

 

 

Ta main d’ombre saisit la mûre

et son ombre

Ta bouche d’ombre

ne goûte

que l’ombre de la mûre

 

*

 

Car c’est le propre des fantômes

de vous échapper au matin

 

On ne guérit jamais de la perte d’une ombre

On ne guérit jamais de ces frissons

qui passent

 

et confient à l’aurore

la rosée d’un parfum couleur de

lèvres effacées

de ruban fané et de peau poudrée

 

la douleur fane-flétrit

comme rose de mai

comme une feuille douce

 

et se plie sous la main

et lisse

le chagrin

 

*

(...)

 

Marilyne BERTONCINI Son corps d’ombre, pp.37-39. Poèmes de Marilyne Bertoncini ; collages de Ghislaine LEJARD. Editions Zinzoline, 2021

contact@zinzoline.fr

      • Marilyne BERTONCINI dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°346 & 347, extraits de « La dernière œuvre de Phidias », Jacques André éditeur, 2017 ; envois n°416 & 417, extraits de « Mémoire vive des replis », éditions Pourquoi viens-tu si tard ? 2018 ; envois n°456 & 457, extraits de « La noyée d’Onagawa », Jacques André éditeur, 2020 ; envois 538 & 539 : extraits de « XXL...S », éditions L’Atelier du Grand Tétras, 2022 ; envois n°567 & 568, extraits de « Son corps d’ombre », avec 16 collages de Ghislaine Lejard, éditions Zinzoline, 2021.

23:25 | Lien permanent | Françoise

05.04.2023

Envoi n°567. Marilyne Bertoncini "Dans l'ombre mauve du jardin..."

 

*

 

Dans l’ombre mauve du jardin

la neige est couleur de glycine

et les branches gris cendre

dessinent un chemin

qui descend

lentement

dans l’ombre souterraine

 

Le sommeil est ton nocher

 

Nageur lisse et blanc

te voici sur l’autre rive

tu as traversé l’autre nuit

 

*

 

Pour accéder à l’ombre

il a fallu franchir

les paupières du sommeil

puis remonter le cours

des racines platane

 

Je te parle par les feuilles de l’arbre

sa sève coule en moi

jusqu’au bout de mes doigts

 

Je jette sur la feuille ses mots d’arbre

sa voix verte traverse mes rêves

 

Sa voix d’ombre, leurs voix

la sienne et sa part d’ombre

l’écho, source de sa voix

 

*

(...)

 

Marilyne BERTONCINI Son corps d’ombre, pp.32-34. 

Poèmes de Marilyne Bertoncini ; collages de Ghislaine LEJARD

Editions Zinzoline, 2021. contact@zinzoline.fr

 

 

        • Marilyne BERTONCINI dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n°346 & 347, extraits de « La dernière œuvre de Phidias », Jacques André éditeur, 2017 ; envois n°416 & 417, extraits de « Mémoire vive des replis », éditions Pourquoi viens-tu si tard ? 2018 ; envois n°456 & 457, extraits de « La noyée d’Onagawa », Jacques André éditeur, 2020 ; envois 538 & 539 : extraits de « XXL...S », éditions L’Atelier du Grand Tétras, 2022.

 

 

 

23:29 | Lien permanent | Françoise