http://www.xiti.com/ ID de suivi

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21.10.2015

Envoi n°224. Jean-François Mathé "Chanson de l'amour"

Chanson de l’amour.

 

Tous ces fardeaux dans les nuages

tu les as faits tiens, mais crois-moi,

libre est le jour, comme un visage

que n’a pas regardé le roi.

Nuages,  rois sont de passage,

nous restons ici toi et moi.

 

Aimons-nous sans ta chanson grise

qui mêle la pluie à l’amour.

Blancheur des lilas, des chemises

fleurissent encore et toujours

et mieux que je ne dis te disent

qu’il n’est que soleil dans l’amour.

 

Ne pleure plus, vois d’un œil sec

comment chaque oiseau se désaile

pour n’être qu’une pointe, un bec

qui cloue aux cœurs un peu du ciel.

Ce brin d’azur, partons avec

vers de graves péchés véniels.

 

Jean-François Mathé Chansons sans en avoir l’air  in Revue Décharge 166. Juin 2015.

 

 

      Jean-François Mathé dans "Vous prendrez bien un petit poème ? " : envoi n°127 "Le soir vient d'abord dans les voix..." ; envoi n°128 " La main que j'avais enlevée..." ; envoi n°223 "Chanson des larmes". 

19:43 | Lien permanent | Françoise

14.10.2015

Envoi n°223. Jean-François Mathé "Chanson des larmes"

Chanson des larmes

 

Les étoiles sont trop figées

pour devenir larmes qui coulent.

Leur faudrait mes yeux affligés

qui voudraient bien qu’enfin s’écoule

en perles claires, voire en houle

toute cette peine que j’ai.

 

Au lieu de larmes, des étoiles

ça me semblerait  élégant :

j’aurais mouchoir de fine toile

pour les recevoir dignement,

les voir s’éteindre doucement

le temps que le chagrin se voile…

 

Mais je redeviendrais moi-même,

passant tout mon temps à chanter

sans atteindre le chant lui-même :

toujours s’éloigne ce qu’on aime

même retenu embrassé.

A quoi bon les larmes qu’on sème,

 

d’autres seront à amasser

et demain comme hier les mêmes.

 

Jean-François Mathé Chansons sans en avoir l’air  in Revue Décharge 166. Juin 2015.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22:14 | Lien permanent | Françoise

07.10.2015

Envoi n°222. Claude Esteban "Le soir venu, ..."

Le soir venu, on se prépare pour un voyage

qui n’aura jamais lieu puisque bien sûr on ne part pas

mais c’est quand même chaque soir un moment

très extraordinaire car avant de tout quitter il faut

mettre en ordre sa maison et chacune de ses pensées

qui prenaient tant de place et n’en garder qu’une

ou deux, les plus légères, pour son bagage

 

le soir venu, c’est comme si quelqu’un

qui n’est pas vous disposait de chaque chose

à votre place, mais sans vous faire souffrir, juste

pour vous aider et l’on se prend, dieu sait pourquoi,

à aimer ce compagnon sans visage et quand il faut

partir on voudrait presque l’embrasser, lui qui ne

s’en va pas, et l’on reste avec lui, très tard, sous les ombrages.

 

Claude Esteban  Quelqu’un commence à parler dans une chambre. Editions Flammarion in Anthologie de la poésie française du XXème siècle. nrf Poésie / Gallimard. 2011

 

 

09:43 | Lien permanent | Françoise