17.06.2015
Envoi n°206. Danièle Corre "Un cheval galope..."
Un cheval galope
à la crête de l’âge
dans l’immensité
où bruissent les sources.
Il n’a pas eu le temps
de s’attarder.
Il emporte le message
que nous n’avons su lire.
Nous restons
étourdis de chemins,
bras inemployés
devant la lourde
matière du monde.
Danièle Corre, Revue FRICHES Cahiers de poésie Verte N°118. Mai 2015.
22:22 | Lien permanent | Françoise
11.06.2015
Envoi n°205. Danièle Corre " Nous venons de plus loin..."
Nous venons de plus loin
que le chagrin
avec au fond des yeux
des maisons incendiées.
Le jour, à nouveau, ruisselle
de clarté,
comme s’il marquait
un commencement du monde.
Je t’attends dans le silence de moi-même
quand se taisent les grandes voix
qui me portèrent
des terres calcinées
à la fraîcheur des herbes.
Je t’attends dans la main du monde
paumes ouvertes.
Danièle Corre in ARPA, revue de poésie. N°108. octobre 2013.
14:24 | Lien permanent | Françoise
03.06.2015
Envoi n°204. Pablo Neruda "Parmi les étoiles admirées, mouillées..."
Parmi les étoiles admirées, mouillées
par des fleuves différents et par la rosée,
j’ai seulement choisi l’étoile que j’aimais
et depuis ce temps-là je dors avec la nuit.
Parmi les vagues, une vague, une autre vague,
vague de verte mer, branche verte, froid vert,
j’ai seulement choisi l’unique et seule vague
et c’est la vague indivisible de ton corps.
Vers moi toutes les gouttes, toutes les racines,
et tous les fils de la lumière sont venus,
que ce soit aube ou crépuscule ils sont venus.
Je n’ai voulu que ta chevelure pour moi.
Et de toutes les offrandes de la patrie
je n’ai choisi que celle de ton cœur sauvage.
Pablo Neruda Sonnet Quarante-sixième. Midi in La Centaine d’Amour. A Mathilde Urrutia. Traduit de l’espagnol par Jean Marcenac et André Bonhomme. Livre Club Diderot. 1974.
De las estrellas que admiré, mojadas
por rios y rocios diferentes,
yo no escogi sino la que yo amaba
y desde entonces duermo con la noche.
De la ola, una ola y otra ola,
verde mar, verde frio, rama verde,
yo no escogi sino una sola ola :
la ola indivisible de tu cuerpo.
Todas las gotas, todas las raices,
todos los hilos de la luz vinieron,
me vinieron a ver tarde o temprano.
Yo quise para mi tu caballera.
Y de todos los dones de mi patria
solo escogi tu corazon salavaje.
Pablo Neruda Sonnet Quarante-sixième. Midi in Cien Sonetos de Amor. A Mathilde Urrutia. Livre Club Diderot. 1974.
08:09 | Lien permanent | Françoise
