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22.01.2025

Envoi n°648. Anne-Marie BERNAD "Le droit à la parole... chemine dans l'absence"

« Chut ! Si nous faisons du bruit, le temps va recommencer. »

                                                               Claudel

Le droit à la parole

Allez-retour de la parole

inattendue et fière

qui s’adresse à l’esprit

et oublie les entrailles

Les mots dépassent le mur de la raison

détruisent le cœur au sang limpide

teinté de miel

Semblant d’aimer

 

chemine dans l’absence

Les mots

brûlent l’amour

dans l’indifférence

riche de lassitude

Le poème surgit

au plus bas du chemin

en guenilles

avec une voix sobre

d’espace nu en plein désert

Déchirure d’un ciel absent

indolore

d’un gris subtil

qui se mêle

au parfum des ans

Se taire

 

Anne-Marie BERNAD Le secret du vivre, éditions L’Harmattan, coll. Poètes des cinq continents, 2022.

 

23:09 | Lien permanent | Françoise

15.01.2025

Envoi n°647. Jean Pichet

Sans cesse l’air

élève des murs,

les abat, les recommence ailleurs.

 

ses villes nomades

accueillent nos errances, puis nous chassent,

mais nos âmes, un jour, une nuit,

quelques instants, une éternité,

 

en gardent un souvenir

où elles se voient, très lointaines,

très hautes, comme des oiseaux

très rapides, très farouches,

seuls habitants

de la lumière et du silence.

ü  

 

VOL

 Regarde : ciel et terre

sont comme cendres tisonnées par le soleil.

Et ça, eh bien c’est un arbre.

C’est même un arbre qui s’envole

dans l’instant où oiseau toi-même

tu effleures la plus haute branche.

ü  

 

VOL

 

Regarde : ciel et terre

sont comme cendres tisonnées par le soleil.

Et ça, eh bien c’est un arbre.

C’est même un arbre qui s’envole

dans l’instant où oiseau toi-même

tu effleures la plus haute branche.

ü  

 ICI INFINIMENT

 Vent de l’est,

soleil à l’orient,

mouvements souples, lents

d’une graminée

 

toute resplendissante

d’un or inestimable,

toute vraie,

toute simple

 

dans sa présence légère, en cet instant, ici

infiniment.

 

 Jean PICHET Ici infiniment, poèmes. Aquarelles de Catherine Sourdillon. Éditions Illador, Les Carnets, 2024.

https://www.editions-illador.com/_livres/iciinfiniment.html

 * Jean Pichet dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n° 217 « Le Bouquet » & 218 « Petite feuille », extraits de « Une poignée de feuilles », éditions L’Arrière-Pays, 2015 ; envois n°479 « Le Chêne et le Ruisseau » et autres poèmes & n°480 « Seul » et autres poèmes, extraits de « Le vent reste incompris », éditions Illador, Les Carnets, 2021, aquarelle de Catherine Sourdillon ; envoi n°646 « Mes pas et mon souffle… » et autres poèmes & 647 »Sans cesse l’air… » et autres poèmes : extraits de « Ici infiniment », éditions Illador, Les Carnets, 2024, aquarelles de Catherine Sourdillon.

 

23:11 | Lien permanent | Françoise

08.01.2025

Envoi n°646. Jean Pichet "Mes pas et mon souffle"...

 

Mes pas et mon souffle

ont alerté un chat

qui aussitôt laisse

les restes d’un oiseau

et, feignant l’inertie

d’un bibelot, l’immobilité

d’une royale présence,

 

me regarde

comme si j’étais une fumée

poussée par le vent léger

qui lui lèche les poils,

clairs et sombres,

en harmonie avec la lumière

du soir, qui laisse entendre

plus qu’elle ne montre.

 

***

 

Le soir caresse d’une main

les mèches folles de la lumière,

et de l’autre main

les doux poils de l’ombre.

 

Main d’air, main de terre,

caresse de feu, caresse d’eau.

 

Dans le songe d’un jardin

délaissé, sur les yeux louches

de ses fleurs assoiffées,

un papillon vient et rêve

 

d’être un homme heureux.

Il y a un arbre aux feuilles d’or,

aux fleurs de sang. Aux fruits

de sang et d’or qui jonchent l’herbe.

 

        Jean PICHET Ici infiniment, éditions Illador, Les Carnets, 2024. Aquarelles de Catherine Sourdillon.

 

  • Jean Pichet dans « Vous prendrez bien un poème ? » : envois n° 217 « Le Bouquet » & 218 « Petite feuille », extraits de « Une poignée de feuilles », éditions L’Arrière-Pays, 2015 ; envois n°479 « Le Chêne et le Ruisseau » et autres poèmes & n°480 « Seul » et autres poèmes, extraits de « Le vent reste incompris », éditions Illador, Les Carnets, 2021, aquarelle de Catherine Sourdillon ; envoi n°646, extraits de « Ici infiniment », éditions Illador, Les Carnets, 2024, aquarelles de Catherine Sourdillon.

22:02 | Lien permanent | Françoise